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Fluorine  Calcite  Mineraux divers  Collection J.Evlard

Ma collection de calcites de Belgique.

Leffe (clic = zoom)

 
3.5 x 3 x 1.3 7.5 x 4 x 4.5 5 x 5 x 3 xx2 xx 2 x 1.4 5 x 3.5 x 3.5 
8 x 5.5 x 4 8.5 x 7 x 4 2.5 x 2 x 2.5 4.5 x 2 x 3.5 4 x 3.4 x 3.5
   
6.5 x 6 x 3.5 5 x 3 x 3  7 x 4.5 x 4.5    

 

 

Leffe

  

LEFFE. 

La carrière de Leffe est située au sud de Namur sur les hauteurs de Dinant et de l’abbaye de Leffe bien connue des amateurs de bière (quoique la production de celle-ci ne se fasse plus à cet endroit.).

Elle est actuellement exploitée par la SA Holcim Granulats Belgique qui y produit annuellement quelques 550.000 tonnes de concassés calcaires. Une partie est commercialisée pour le génie civil et les travaux routiers , une autre partie à haute teneur est utilisée dans la sidérurgie.  On y trouve presque exclusivement de la calcite.

 
 Historique.

La carrière de Leffe est située sur les hauteurs de la ville de Dinant, à environ 3 kilomètres au nord, au lieu-dit Montorgueil. La ville elle-même fait partie de la province de Namur, au sud de la ville du même nom.

 C'est le calcaire noir ( formation de la Molignée) exploité dans des carrières tant à ciel ouvert que souterraines, aujourd'hui remblayées pour la plupart d'entre elles, qui a fait, depuis le 13ème siècle, la réputation de la région dinantaise. 
En effet, le noir de ce marbre était si pur qu'il a été utilisé par les bâtisseurs des prestigieux tombeaux des Rois de France à Saint-Denis et  des Ducs de Bourgogne à la Chartreuse de Champmol aux portes de Dijon.

Les bancs plaquetés étaient utilisés pour la production de pavements (Carreaux de Dinant.)
Le niveau de la nappe phréatique a souvent limité l’exploitation de ce marbre en profondeur. Vu les coûts, l’exploitation du marbre dans la région risque de ne pas reprendre à moins qu’un nouvel engouement pour ce matériau ne réapparaisse.

La région connut également quelques exploitations de pierre de taille de peu d’importance vu le peu d’épaisseur de la veine. La seule industrie liée à la pierre calcaire qui subsiste est la carrière de Leffe qui exploite les calcaires noirs de la Molignée, les calcaires de Neffe et ceux de Lives.

 

Les premiers travaux d’exploitation dans la région commencèrent au 18ème siècle.
Le site qui nous intéresse fut exploité jusqu’en 1995 par monsieur Michaux sous le nom de CAM (Carrière André Michaux exploitée avant lui par son père). Le début de l’exploitation remonte aux années 1950.

Le calcaire exploité était utilisé de manières diverses : 

-une partie pour les travaux routiers, de génie civil, pour la fabrication de béton prêt à l’emploi et pour la fabrication d’éléments préfabriqués en béton.

-une partie pour la sidérurgie : partie du gisement à forte teneur en carbonate de calcium (CaCO3). 

-une partie est finement broyée pour fabriquer de la nourriture pour poule ou de la charge pour la mousse qui est placée sous les tapis de sol. 

En 1995, la carrière , achetée à parts égales par la SA Gralex et par la SA Ciments Luxembourgeois devient la SA Carrières de Leffe.   En janvier 2006, la SA Gralex devient l’actionnaire unique.

Le 01 janvier 2009, la SA Gralex est scindée en deux entités par ses actionnaires : la SA Sagrex qui est la branche granulats de Heideleberger Cement Benelux et la SA Holcim Granulats Belgique. L’exploitation de la carrière est alors reprise par Holcim.

La carrière produit annuellement de l’ordre de 550.000 tonnes de concassés (granulats et sables calcaires.)

Aperçu géologique :

La région dinantaise est bien connue pour ses affleurements de calcaires et de dolomies d’âge dinantien. Ceux-ci présentent de nombreux plis qui sont recoupés par la vallée de la Meuse.

La carrière de Leffe exploite le flanc sud du synclinal des Fonds de Leffe et plus particulièrement le Viséen moyen. Le Viséen est une époque géologique s’étendant de 327 à 342 millions d’années.

Ce synclinal est une structure plissée complexe composée de deux plis synclinaux mineurs. La carrière ouvre le synclinal mineur sud. Les bancs montrent un pendage (angle de plus petite pente avec le plan horizontal) généralement fort redressé (sub-vertical vers le nord.) De nombreux plis secondaires dans le V2b et le V3 compliquent la structure du cœur.

Il n’y a pas d’accident faillé majeur mais quelques failles (fractures avec déplacement des deux blocs qu’elles séparent) à rejet quasi nul.

Les diaclases (fractures sans déplacement des deux blocs qu’elles séparent) sont présentes surtout dans le V2b. Elles ont une fréquence variable de 5 à 70 centimètres et sont parfois remplies par de la calcite secondaire.

Elles sont moins marquées dans les passages dolomitiques.

Identification stratigraphique – Lithologie.

La succession lithologique se repartit comme suit :

- des calcaires bleus foncés et noirs bien stratifiés avec de fréquents interlits schisteux et plusieurs niveaux à cherts. Ces niveaux d’âge Viséen inférieur V1 ont été exploités dans la partie Sud et dans l’ancienne carrière. Ces parties ne sont plus exploitées.

- des dolomies et calcaires dolomitiques généralement massifs. Les dolomies sont de teinte gris-brun assez foncée, parfois à géodes de calcite. Les calcaires sont grenus et oolithiques gris assez clair, et à fréquents grosses coquilles de brachiopodes et articles de crinoïdes. Cette série correspond à la base du Viséen moyen. Elle est bien exposée dans la partie sud de la carrière.

- des calcaires gris moyen à gris clair, massifs, oolithiques et à grosses coquilles. Le sommet de ce niveau est plus foncé et quelques joints marquent la stratification. La limite supérieure est formée par ”le Banc d’Or” niveau repère de nature argileuse très facile à suivre. Ces calcaires sont d’âge V2a (Calcaire de Neffe). Cette série est exposée dans la partie sud de la partie centrale de la nouvelle carrière.

La Formation de Neffe constitue une des formations les plus prisées pour la production de « pierre chimique » comme la castine utilisée comme fondant en sidérurgie et comme épurateur pour l’élaboration de la fonte et comme composant du ciment blanc.

- des calcaires stratifiés gris clair, gris-bleu, en alternance de niveaux grenus et de niveaux fins, souvent alguaires. Les niveaux brèchiques sont observés surtout dans les calcaires fins. Un niveau brèchique clair, particulièrement remarquable débute à ± 3.5 (m) du Banc d’Or, il s’agit de la “Petite Brèche” niveau plus massif et plus clair, souvent nuancé de rouge. Ces calcaires sont localement dolomitisés dans la partie inférieure, tandis que les cherts apparaissent dans la partie supérieure. Ces niveaux sont d’âge V2b (Calcaire de Lives), sommet du Viséen moyen et débute du V3 et sont exploités dans la partie Nord de la partie médiane de la nouvelle carrière.

- des calcaires brèchiques en formation massive constitué de gros blocs de calcaire cimenté par une pâte calcaire gris clair souvent teinté de rouge. Ce niveau correspond au V3 (sens stricte “Grande Brèche”) et est atteint au  Nord de la carrière.

Minéralogie.

On  trouve presque exclusivement de la calcite. Les calcites non altérées sont rares et les découvertes sont peu fréquentes mais avec de la chance, on  trouve de beaux cristaux souvent maclés qui font la joie des collectionneurs d’angles.

Dans les années 2000, une énorme poche d’argile a été ouverte lors d’un tir. On y a découvert de très gros cristaux de calcite dont la plupart étaient malheureusement fort corrodés.

J’ai également trouvé dans la carrière de l’aragonite et de la goethite cristallisée.

 

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